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Une entreprise ne peut prospérer durablement que si elle respecte la dignité de tous ses employés, sans distinction de race ou de couleur. L'économie et la justice sociale doivent avancer main dans la main.

Leon Sullivanpasteur baptiste, militant des droits civiques
Léon Sullivan

Comment un Code Éthique a Révolutionné la RSE et l’Afrique du Sud

 

Les Principes de Sullivan, qu’est-ce que c’est ? En gros, ce sont un ensemble de règles éthiques créées par un homme, le révérend Leon Sullivan, dans les années 70 pour pousser les entreprises américaines à prendre position contre l’apartheid en Afrique du Sud. Ces principes ont été un des premiers grands mouvements pour une RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) un peu plus… sociale et inclusive. Ils cherchaient à inciter les entreprises à prendre des mesures concrètes pour promouvoir l’égalité et les droits des travailleurs, à l’époque dans un contexte où la ségrégation raciale faisait rage.

Pour bien comprendre ces principes, il faut savoir un peu d’histoire. En Afrique du Sud, l’apartheid sévit depuis 1948, et ça impacte bien sûr toute la société, notamment dans les entreprises où la ségrégation est bien présente. Les entreprises américaines, présentes en Afrique du Sud, étaient critiquées pour leur silence et leur complicité passive. C’est dans ce contexte que Leon Sullivan, un prédicateur et activiste afro-américain, se lance dans une campagne pour faire bouger les choses.

Leon Sullivan, c’était un homme d’action. Non seulement il prêchait dans son église, mais il était aussi un fervent défenseur des droits civiques. Quand il a vu la situation en Afrique du Sud, il a compris qu’il fallait agir, mais pas de manière violente ou radicale. Il a donc proposé une solution simple mais efficace aux entreprises : adopter un code de conduite éthique qui refuserait la ségrégation raciale et favoriserait l’égalité. Une approche pragmatique qui a, au final, trouvé un large écho.

Alors, que préconisaient ces fameux principes ? Grosso modo, il s’agissait d’un engagement sur plusieurs points clés pour faire face à l’apartheid. Les entreprises devaient, par exemple :

  • Refuser la ségrégation raciale sur les lieux de travail
  • Offrir une rémunération égale pour un travail égal, quelle que soit la couleur de peau
  • Promouvoir la formation et la montée en compétence des employés noirs
  • Améliorer les conditions de vie des travailleurs, notamment en matière de logement et de services sociaux
    Les principes ont évolué avec le temps, et ont même été complétés en 1984 pour inclure d’autres aspects de la responsabilité sociale des entreprises, comme la lutte contre la corruption ou la protection de l’environnement.

Alors, ça a marché ? Oui, à sa manière. L’idée a pris assez rapidement parmi les grandes entreprises américaines qui étaient présentes en Afrique du Sud. En adoptant ces principes, elles ont forcé le gouvernement sud-africain à revoir certaines de ses positions. C’est sûr, ce n’était pas la panacée, mais cela a permis d’améliorer les conditions de vie de nombreux travailleurs noirs. Cependant, certains ont trouvé que ces principes n’allaient pas assez loin et manquaient de sanctions en cas de non-respect. De plus, beaucoup de grandes entreprises les ont adoptés juste pour éviter les critiques, sans aller au fond des choses.

Aujourd’hui, on peut dire que les Principes de Sullivan ont laissé un héritage fort. Oui, l’apartheid a pris fin en 1994, mais ces principes ont aussi permis de jeter les bases de ce que l’on appelle maintenant la RSE. Les entreprises doivent aujourd’hui être responsables non seulement de leurs profits, mais aussi de l’impact qu’elles ont sur la société et l’environnement. Et ces principes ont influencé des initiatives comme le Pacte mondial des Nations Unies ou d’autres programmes qui poussent les entreprises à s’engager concrètement pour des causes sociales et environnementales.

Les Principes de Sullivan, malgré leur simplicité apparente, ont eu un impact majeur sur la manière dont les entreprises doivent aujourd’hui penser leur responsabilité sociale. Bien qu’ils n’aient pas résolu tous les problèmes, ils ont ouvert la voie à des réflexions sur la place des entreprises dans la lutte pour l’égalité. À l’heure où la RSE devient un pilier de la stratégie des entreprises modernes, ces principes restent un modèle à suivre. On peut en tirer une leçon simple : agir pour le bien de la société, c’est aussi bon pour les affaires.

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